Du Changement … (1)

Tout le monde l’aspire de ses vœux, tous revendiquent son utilité et sa nécessité, mais qu’en est véritablement dans les faits?
Sommes-nous condamnés  à le vivre uniquement comme un rêve chimérique ou dans la passivité ?
Faudrait-il s’en référer uniquement au destin et ne voir le changement que comme une décision divine ou un effet de hasard ?

Le paradoxe est d’autant plus grand que le changement est inévitable, pléonasme de la vie, car point de vie sans ces changements et mutations permanents.
À l’échelle des systèmes humains, les incantations récurrentes et amplifiées lors des échéances sociétales, telles que les élections diverses et variées,  le changement devient le slogan, souvent populiste, unanimement partagé comme évidence et aspiration communautaire.

Sortons de ces truismes pour nous recentrer sur la réalité du changement.

Il est tout d’abord nécessaire d’avoir la conscience et la connaissance de l’état initial, la matière première du changement.
Le deuxième impératif est l’existence d’énergies disponibles. Je propose « énergies » au pluriel car l’intitulé regroupe un ensemble homogène dans le sens général mais hétérogène dans ses éléments constitutifs. Et ce sont ces énergies diverses qui m’intéressent dans ce billet.

Cette énergie protéiforme doit être nécessairement quantitativement importante, durable pour ne pas dire inépuisable et maitrisable, pour créer le changement et le maintenir contre les obstacles et opposition au changement. Car le paradoxe du changement tient également au fait que tout changement génère des peurs et des craintes, donc des résistances qui tendent à l’annuler et préserver « l’équilibre antérieur ». (Mais qui aspire au changement je vous le rappelle).

Il y a tout d’abord le désir. Mais le désir n’est pas suffisant car fugace et épuisable. Le désir, étincelle pulsionnelle, peut lancer le moteur mais nécessite la présence d’autres énergies

Il y a le plaisir, car l’aspiration sous-jacente du changement des systèmes humains est l’amélioration de l’état antérieur : changer pour meilleur dans l’intolérance de l’actuel vécu de fait comme pénible. Cette quête du plaisir est une énergie durable (inépuisable ?) mais fragile et parfois indisponible et difficilement maîtrisable.

On va immédiatement évoquer la douleur comme autre énergie motrice au changement. Banalement antithèse du plaisir, la douleur mobilise, déplace et représente un puissant appel au changement. Mais vous comprendrez tous quelle est épuisable et consommatrice elle-même de beaucoup d’énergie pour la supprimer. Ce faisant, la douleur va représenter tout à la fois une énergie motrice mais également un frein de par le « repos » compensateur postcritique qu’elle induit.

La peur, énergie puissante, mais au même titre que la douleur épuisable par nécessité et souvent mal maîtrisée.

Restons-en là pour l’énergie « émotionnelle », importante pour alimenter le moteur du changement.

Allons voire maintenant du côté cognitif, car bien entendu je n’envisage que les changements systémiques conscients et humains. L’usage de l’ensemble de nos connaissances et de nos capacités cognitives est impliqué évidemment pour donner « du sens » à nos énergies « émotionnelles » et pulsionnelles.

Rien que du très banal, donc, utilisé depuis toujours dans nos systèmes humains. Intelligence, savoirs, expériences  acquis et transmis sont nécessaires mais insuffisants du fait de leurs limites correspondant à nos limites d’êtres humains.

Mais alors, quoi d’autre ?

Eh bien deux autres énergies me semblent devoir être utilisées

La créativité et la critique du rationnel avec comme corollaire la tolérance de l’imprévisible.

Parce que tout changement comporte une délicieuse ou douloureuse (cela dépend des personnalités de chacun) incertitude quant à l’issue de ce changement.

Eh oui, n’en déplaisent à certains, la vie est imprévisible, hasardeuse par essence et finalité. Cette tentative de rationaliser à tout crin, ce « prévisionnisme », élevé  au rang de dogme au parfum d’intelligence et aux relents de précaution, sera régulièrement pris à défaut et source de difficultés, pour ne pas dire parfois de blocages.

La pensée, au même titre que la parole, est libre ou censée l’être.

La négation, l’intolérance de l’imprévisibilité de l’issue des changements est une porte ouverte aux dogmatismes sclérosants, aux superstitions, aux dénis, aux illusions omnipotentes, à la magie et leurs incantations.

Il nous manque cette créativité actuellement, voire cette « folie créatrice » comme moteur du changement. Le conformisme rassurant, le balisage intellectuel permet les évolutions, mais pas les révolutions ni les changements de paradigme.

Nous opposons bien trop souvent, à mon avis, créativité et rationalité au moins intellectuellement parlant.

Nous gagnerions sans doute à les articuler, à les rendre synergiques plutôt qu’antinomiques.

La créativité élargie les frontières rationnelles, sans les faire disparaître et cela m’apparaît être un moteur majeur et supplémentaire.

Créativité, imagination, folie sont toutes autant d’énergies que nous n’utilisons qu’avec parcimonie par crainte du débordement et tentative, illusoire, de prévoir l’imprévisible.

Dirigeons nous dans cette énigme, créons avec intelligence et « folie » les paradigmes de demain.

Osons nous perdre dans le labyrinthe de l’imagination créative et constructive.

Mais pour cela nous avons besoin d’un dernier élément :

Le COURAGE

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