Courage et précaution, forces ou entraves au progrès ?

Il est loin le temps où nos ancêtres n’avaient peur que d’une chose : que le ciel leur tombe sur la tête.
2000 ans plus tard, c’est le principe de précaution qui nous structure socialement.

Serait-ce des mutations génétiques qui nous auraient transformés ?
Serait-ce l’iode radioactif issu de Tchernobyl qui nous aurait bousillé la thyroïde jusqu’à nous faire développer cette version moderniste du crétinisme ? (Ah non, c’est vrai que le nuage n’a pas franchi nos frontières).

Nos peurs ancestrales sont devenues des phobies et notre acharnement à vouloir éviter ces situations irrationnellement anxiogènes nous enfonce dans l’angoisse et l’inertie.
Ces phobies sont générées et alimentées par ceux-la mêmes qui se posent en protecteurs et défenseurs de notre sécurité et de notre bien-être.

Ce pouvoir politique autocratique et auto-protecteur transpire, et diffuse dans l’atmosphère cette odeur tiédasse et âcre de la peur de la perte de leur influence et de leur puissance, ce qui pèse sur leurs décisions.

Comment le comprendre?

Tout d’abord, nos professionnels de la politique conjuguent à loisir cet adage du  » responsable de tout quand cela va bien , responsables de rien dans l’échec et jamais coupables ».

La sécurisation de leur parcours personnel devant le peuple électeur devient une préoccupation et une animation essentielles de leurs actions. Cela se traduit par un empilage de lois, normes, règles autoritaires et obligatoires imposées dans un semblant de démocratie.
Légiférer clos le débat, clôture la discussion et annule la contradiction.
La loi étant juste par essence, celle-ci n’est pas remise en question mais renforcée, modernisée, complétée par de nouvelles lois, règles ….
Le courage politique a disparu, dissout dans cette crainte d’une non réélection, d’une sanction populaire et historique. Les ennemis ne sont plus extérieurs mais bien au sein de notre population qu’il faut donc canaliser, contrôler, parquer dans l’enclos législatif sous le prétexte démagogique de la sécurisation vitale de la société. La paix doit être sociale, le silence doit être la règle.

Un autre aspect de cette peur est le déséquilibre du pouvoir au bénéfice de l’âge. La gérontocratie toute puissante, stérilisante par peur de l’impuissance et de la disparition imprime sa marque mortifère dans ce dramatique principe de précaution.
La société s’en trouve bloquée, fossilisée par ces décideurs plus inquiets de leurs épitaphes et de leurs places dans les livres d’histoire.
La sanctuarisation devient une règle tangible.
Ci-git la société française, sanctuarisée dans la peur par des hommes nostalgiques de passés toujours plus glorieux et heureux que leur imaginaire d’avenir inquiet et sombre.
La peur de la mort, la peur de l’oubli, la peur de l’impuissance, la peur, toujours cette peur chef d’orchestre des anciens, souvent, préférant le travail de mémoire plutôt que la créativité, la création et l’innovation.

Nos forces vives sont la jeunesse

La création, la procréation, et la prise de risque ne s’entendent que dans le courage et la foi dans un avenir construit avec la vie et non dans la crainte de la mort.
La précaution n’est pas un principe et ne s’entend que le présupposé d’une menace identifiée.  Érigée en principe celle ci ne se justifie que par la crainte fantasmée d’un danger imaginaire, anticipé et erroné.

La vie est changement, accident, mutation hasardeuse ce qui fait toute sa diversité et sa richesse mais aussi sa dureté et sa fragilité.
L’entropie de nos systèmes dirigés par cette phobie ne peut s’envisager que négative, bloquante et surtout anti-naturelle.
Cette néguentropie est le frein mis en place par ces politiques « modernes », désireux de résister au changement dans le plus profond des paradoxes qui leur fait évoquer le changement comme une menace à prévenir.

Il faut libérer la créativité, ouvrir les vannes de la prise de risque dans la confiance de nos jeunes talents, et de nos jeunes travailleurs, valoriser l’innovation plutôt que la protocoliser, tolérer les erreurs et les échecs qui nous feront grandir plutôt qu’annihiler le risque.

Le ciel ne nous tombera pas sur la tête !

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